13/09/2007
L'évasion du divin Marquis de Sade
Arrêté à Chambéry sur dénonciation de sa belle-mère, en décembre 1772, incarcéré au château de Miolans, le futur auteur de la sulfureuse"Justine" s'en évadait en avril 1773
Petite biographie
Donatien-Alphonse-françois " Sade est né à Paris le 2 juin 1740. A 14 ans,
il entre dans une école militaire réservée aux fils de la plus ancienne noblesse
En 1763, il épousa Mlle de Montreuil, il ne s'est pas calmé pour autant, fait son 1er séjour en prison pour" débauches outrées"
En 1772,à Marseille, il est accusé d'empoisonnement et doit s'enfuir de Savoie. Condamné à mort par contumance, il est arrêté à Paris.
En 1785, embastillé, il commence la rédaction des " cent Vingt journées de Sodome"
En 1795, il rédige "la philosophie dans le boudoir"
Il est enfermé dans l'asile des fous de Charenton où il meurt le 1er décembre 1814 sans jamais retrouver la liberté
Petite visite d'une prison peu ordinaire!!!
De sa chambre, le Marquis de Sade a une vue plongeante sur la plaine de l'Isère, qui s'étale au pied du château de Miolans." Le Paradis" , c'était juste au-dessus de lui. Il était à la Grande Espèrance. Au second, il y a le trésor, , au premier le purgatoire, et tout en bas l'Enfer, la prison le plus dure .
Le donjon est solidement accroché sur le pitton rocheux, dominé par les Bauges.
Sous sa forme primitive, le château a existé dès le XI siècle. Mais il ne viendra prison d'état qu'en 1564, pour le rester jusqu'en 1792.
On y enfermait aussi bien les détenus de droit commun, les fous, que les femmes accusées de sorcellerie ou encore les aristocrates qui dérangeaient le régime.Les prisonniers vivaient selon leurs moyens.
Sade s'installe ici avec son valet, fait acheter le mobilier de son choix, se chauffe au bois. Il a le droit d'écrire et de recevoir des lettres, d'aller manger au réfectoire des menus commandés à l'aubergiste, de circuler dans la forteresse. Il dépense allégrement au jeu avec le Baron de l'Allée, autre prisonnier de "haut rang"
Pendant que les autres prisonniers de l'Enfer croupissent dans le froid et l'humidité, boulets aux pieds: régime de faveur pour un condamné à mort.
La justice Française a pourtant réclamé sa tête pour avoir tenté d'empoisonner 4 prostituées. Il abusait des pastilles aphrodisiaques pour convaincre ces dames de cèder à ses charmes, à son fouet et aux assauts contre nature de son valet
Il s'enfuit avec sa belle-soeur( amante)pour se mettre à l'abri dans le Royaume de la Sardaigne et retour à chambéry ,incognito où il est arrêté , dénoncé par sa belle-mère qui était au courant de ses déplacements.
Il a passé 5 mois à se plaindre et à chercher un moyen pour s'enfuir
Impensable,par la fenêtre. De l'autre côté des solides barreaux, la façade est à pic. Derrière la porte,un garde veille.. Tout autour, 3 enceintes avec double rang de fossés" Il y avait plus simple pour s'évader"Il avait soudoyé un des gardiens et avait repéré une petite fenêtre sans barreau au-dessus des latrines à côté de la cantine"Le 30 avril 1773, il passe à l'acte. Sa chambre est restée éclairée pour ne pas éveiller les soupçons
Ce qui se passe alors ici reflète bien les différences de traitements des détenus selon leur rang social.
Son histoire nous éclaire aussi sur les rapports entre la Savoie et la France, tout cela dans un des châteaux forts les mieux conservés de la région de L'Isère
19:00 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note




Commentaires
Merci Ninette pour cette note historique et inconnue de moi ! On apprend des choses tous les jours !
Par contre j'ai pensé à la cancaillotte au super marché ! Je n'ai pas réussi à en trouver , ni du méton non plus !
Pas grave . il me faut faire le règime ! Bonne soirée et bises de loubejac ! huguette
Ecrit par : macary huguette | 13/09/2007
Divin Marquis, que ne me reviens-tu?
Justine
Ecrit par : Justine | 13/09/2007
Toute mon amitié au passage, car tu te fais rare...Merci pour ce rappel historique et je t'embrasse
Hélène
Ecrit par : hélène | 13/09/2007
Bonjour,
le souvenir du divin marquis est vif en Provence aussi, où se dresse le château familial dans le village de Lacoste !
Et les touristes se pressent l'été en cherchant son ombre dans les ruelles !!!
Il y aurait il plus d'enfants conçus à Lacoste qu'ailleurs ? Une étude sérieuse est à mener !!!
Bises du grillon
Ecrit par : christian | 19/09/2007
pour les curieux et amateurs (de Sade) il y a aussi le château de Condé (Aisne) où habitaient les descendants du "divin marquis". L'éditeur Eric Losfeld, dans les années 50, y allait pour chercher des inédits. Il m'avait parlé d'un grenier plein de malles contenant des manuscrits. De quoi rêver non ?
On peu me joindre sur mon blog ( blog sur Orange) : Soleil922.
Ecrit par : Jean-jacques leveque-fos | 11/10/2007
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