25/06/2009
Un peintre Franc-Comtois: Gustave Courbet (1819-1877)
La dernière rétrospective d'ampleur des oeuvres du maître d'Ornans remonte à 1977
ils ont fêté les 30 ans de la dernière exposition , en octobre 2007
Né à Ornans dans le Doubs, il fait des études à Besançon tout en suivant les cours d'un élève de David. Venu faire son droit à Paris, il fréquente un atelier libre appelé l'Atelier suisse, et s'intéresse beaucoup, au Louvre, à la peinture espagnole (Ribera, Zurbaran) et hollandaise.
Il fera d'ailleurs vers 1846 un voyage en Hollande pour compléter sa connaissance de Rembrandt et de Franz Hals.
Après quelques toiles d'inspiration romantique,
il commence à se faire connaître au salon de 1844 par l'Autoportrait au chien noir. Il fréquente Baudelaire, dont il peint le portrait en 1848, le socialiste Proudhon et Champfleury, qui est le premier à parler de "réalisme" en peinture.
Avec L'Après-dîner à Ornans, en 1849, il devient le centre des conversations. Delacroix le qualifie de "révolutionnaire". L'Enterrement à Ornans, présenté au salon de 1850, fait scandale par sa crudité macabre.
En 1853, Les Baigneuses rompent avec les nus académiques. Napoléon III aurait cravaché la toile pour son épouvantable laideur. L'Atelier est refusé à l'exposition de 1855 :
Courbet l'expose avec une quarantaine d'autres toiles dans un baraquement qu'il appelle "le Pavillon du Réalisme".
L'Angleterre et surtout l'Allemagne en 1858 lui font un triomphe.
Ses opinions politiques lui font cependant refuser la Légion d'Honneur. Du coup, la République le propulse responsable de la protection des arts en 1870 dans le Gouvernement de Défense Nationale. S'étant rendu célèbre par ses protestations esthétiques véhémentes contre la colonne Vendôme, il doit répondre de son déboulonnage devant les tribunaux de la Troisième République. Il est enfermé en prison, et doit payer en 1877sur ses biens propres le redressement de ladite colonne.
Il se retire en Suisse, où il meurt.
13:26 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
17/11/2007
Il était une fois.... un flacon
Avant JP Gaultier, un styliste lorrain Noêl D. avait imaginé un flacon de parfum en forme de torse masculin . Il a bataillé pour être reconnu
Son regard frangé, sombre et mobile, témoigne de son hyper-émotivité, Noël n'a pas été épargné par la vie: son grand amour a été emporté par la maladie, les modèles vestimentaires qu'il a créés ont souvent reçu plus de bravos que de commandes, ses trouvailles design ont été reprises par d'autres et ont fait florés.
Il est né à Rambervillers(Vosges) d'un papa ouvrier du bois et d'une maman couturière.S'il sculpte et dessine des robes , c'est qu'il est venu à synthétiser leurs 2 talents .Petit immigré espagnol aussi mat de peau et râblé que C. Nougaro auquel il ressemble , il est naturalisé à 6 ans.
Nanti d'un CAP de couture floue et d'un BEP vêtement mesure et création, il se lance. A Metz, où il s'installe, dessine et coupe des robes de mariées pour ses amis. Ses premiers modèles de collection sont récompensés par le 2éme prix.
En 1988, il n'a que 20 ans . L'année suivante, il dessine un flacon de parfum, en forme de buste d'homme et frappe aux portes de verriers et des parfumeurs pour le faire réaliser. Il était naîf et tout le monde l'a découragé. Alors il a mis son projet sous le coude.
Il multiplie les défilés en Lorraine en habillant les mannequins avec du métal,du plastique, des sacs poubelle.;; En 1990, il répond à une annonce et devient le collaborateur du styliste de la belle mère de Charlotte de Turckheim
Un jour de 1995, il entre chez un parfumeur et tombe sur le flacon" Le Mâle" Certes, son modèle ne portait pas de maillot rayé, mais à une différence près, c'était le même. La filiale de Shiseido possèdant le parfum Gaulthier a accepté un arrangement à l'amiable à Noël.
Maintenant il collabore avec des stylistes comme Giambattista qui habille Victoria Beckham, Pénélope Cruz
En 2007, il a fait une proposition à Siberlin-Blanc, directeur de la création de Daum. Cela a abouti à un coeur en cristal exceptionnellement de 2 couleurs: rouge sur une face et soit ambre, soit bleu, soit vert sur l'autre . Il mesure de 3 cm de haut, est légèrement bombé , pend à un cordon et il est entouré d'un cerclage en argent .Il porte son nom.
15:10 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
31/10/2007
L'homme avec les loups
A quelques km de la frontière , l'allemand Werner F. vit avec les loups qu'il a élevés. Il se targue d'être le chef de la meute .
Ne pas se fier aux apparences, Werner n'est pas un vieux monsieur qui se promène désormais avec ses 72 ans dans les bois sarrois(Allemagne) a quelques km de la frontière française. La vie de ce monsieur s'écoule désormais dans la réserve des loups qu'il a ouvert il y a 30 ans .Mais, dans l'enclos, il reste le maitre .
Son expérience est unique au monde .
La société des loups est complètement dominée par un ordre social très marqué. Toute la meute fonctionne comme une cellule familiale.
Il se passe comme un rituel. D'abord s'allonger sur le sol, les animaux se collent à lui, lui lèchent le visage. Ils viennent se frotter contre lui, un peu à la manière dont un enfant s'accroche à leur maman pour être protègé.
Puis vient le repas. Werner s'en empare le premier.
S'il fait semblant de manger avant eux, c'est justement pour imposer et maintenir la hiérarchie. Un ordre social entièrement régi par la nourriture, l'ultime sésame de la survie dans la jungle de la nature
Il a accueilli près de 70 loups, beaucoup sont morts. il reconstruit la harde parmi les jeunes. Il les nourrit d'abord au biberon, toutes les 2 heures. Il leur donne des bouts de viande à partir de 4 semaines, c'est le seul moyen de nouer un contact avec l'animal.. A partir de là, la hierarchie est établie pour la vie.
La reproduction, autre marqueur fort, en témoigne .
Toute la harde se met au service du couple reproducteur qui, seul est autorisé à donner vie. mais ensuite tous le membre assument le rôle de parent en contribuant à la protection et l'alimentation de la mère et de sa progéniture.
lors d'une séance de jeux et de câlins avec les loups suédois.
Cette réserve de loups se trouve à Merzig(Sarre) à 120km de Nancy.visite gratuite tous les jours et les premiers dimanche de chaque mois, les visites sont guidées par l'homme qui vit avec les loups .
.
18:15 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
13/09/2007
L'évasion du divin Marquis de Sade
Arrêté à Chambéry sur dénonciation de sa belle-mère, en décembre 1772, incarcéré au château de Miolans, le futur auteur de la sulfureuse"Justine" s'en évadait en avril 1773
Petite biographie
Donatien-Alphonse-françois " Sade est né à Paris le 2 juin 1740. A 14 ans,
il entre dans une école militaire réservée aux fils de la plus ancienne noblesse
En 1763, il épousa Mlle de Montreuil, il ne s'est pas calmé pour autant, fait son 1er séjour en prison pour" débauches outrées"
En 1772,à Marseille, il est accusé d'empoisonnement et doit s'enfuir de Savoie. Condamné à mort par contumance, il est arrêté à Paris.
En 1785, embastillé, il commence la rédaction des " cent Vingt journées de Sodome"
En 1795, il rédige "la philosophie dans le boudoir"
Il est enfermé dans l'asile des fous de Charenton où il meurt le 1er décembre 1814 sans jamais retrouver la liberté
Petite visite d'une prison peu ordinaire!!!
De sa chambre, le Marquis de Sade a une vue plongeante sur la plaine de l'Isère, qui s'étale au pied du château de Miolans." Le Paradis" , c'était juste au-dessus de lui. Il était à la Grande Espèrance. Au second, il y a le trésor, , au premier le purgatoire, et tout en bas l'Enfer, la prison le plus dure .
Le donjon est solidement accroché sur le pitton rocheux, dominé par les Bauges.
Sous sa forme primitive, le château a existé dès le XI siècle. Mais il ne viendra prison d'état qu'en 1564, pour le rester jusqu'en 1792.
On y enfermait aussi bien les détenus de droit commun, les fous, que les femmes accusées de sorcellerie ou encore les aristocrates qui dérangeaient le régime.Les prisonniers vivaient selon leurs moyens.
Sade s'installe ici avec son valet, fait acheter le mobilier de son choix, se chauffe au bois. Il a le droit d'écrire et de recevoir des lettres, d'aller manger au réfectoire des menus commandés à l'aubergiste, de circuler dans la forteresse. Il dépense allégrement au jeu avec le Baron de l'Allée, autre prisonnier de "haut rang"
Pendant que les autres prisonniers de l'Enfer croupissent dans le froid et l'humidité, boulets aux pieds: régime de faveur pour un condamné à mort.
La justice Française a pourtant réclamé sa tête pour avoir tenté d'empoisonner 4 prostituées. Il abusait des pastilles aphrodisiaques pour convaincre ces dames de cèder à ses charmes, à son fouet et aux assauts contre nature de son valet
Il s'enfuit avec sa belle-soeur( amante)pour se mettre à l'abri dans le Royaume de la Sardaigne et retour à chambéry ,incognito où il est arrêté , dénoncé par sa belle-mère qui était au courant de ses déplacements.
Il a passé 5 mois à se plaindre et à chercher un moyen pour s'enfuir
Impensable,par la fenêtre. De l'autre côté des solides barreaux, la façade est à pic. Derrière la porte,un garde veille.. Tout autour, 3 enceintes avec double rang de fossés" Il y avait plus simple pour s'évader"Il avait soudoyé un des gardiens et avait repéré une petite fenêtre sans barreau au-dessus des latrines à côté de la cantine"Le 30 avril 1773, il passe à l'acte. Sa chambre est restée éclairée pour ne pas éveiller les soupçons
Ce qui se passe alors ici reflète bien les différences de traitements des détenus selon leur rang social.
Son histoire nous éclaire aussi sur les rapports entre la Savoie et la France, tout cela dans un des châteaux forts les mieux conservés de la région de L'Isère
19:00 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17/03/2007
Lucie aubrac
Ses 3 mots: Liberté, Egalité, Fraternité
Madame Lucie Aubrac était née le 29 juin 1912, fille d'un métayer de Bourgogne. Elle s'est éteinte à l'âge de 94 ans à Issy les Moulineaux. Elle était mariée depuis 67 ans avec Monsieur Raymond Aubrac. Ils ont partagé la même résistance et le même amour

A la Sorbonne, elle étudie la philosophie, l'histoire, elle milite alors que montent Mussolini, Hitler et les ligues fascistes en france . . Elle adhère aux jeunesses communistes, mais aussi à un cercle patronné par les Quakers, elle passe son agrégation. Ses maigres ressources proviennent de la plonge dans un restaurant, puis un emploi dans un centre téléphonique. Nommée à Strasbourg dans un lycée de jeunes filles ,elle obtient une bourse de la Fondation Rock-feller pour une thèse sur les Rocheuses pour partir en Angleterre
2 raisons la font rester
1-La guerre éclate deux jours avant le départ du bateau. Elle décharge ses bagages
2-Elle reste car elle est amoureuse de Raymond Samuel , fils d'une famille juive qui était ingénieur .
Ils se marièrent en décembre 1939.
Le couple , qui deviendra légendaire, se réfugie à Clermont-Ferrand
Chez elle, le langage était franc, sans ambages et le caractère déterminé. Au plus fort de la guerre, professeur à Lyon, elle rejette l'idée d'emmener ses élèves à l'exposition nazie, obligatoire , sur le juif Süss.
Pour l'action clandestine , elle est en première ligne
Elle explique " quand on pense juste , on est plus fort "
Le résistant, c'est d'abord un volontaire. C'est ensuite un désobéissant. Mais ce n'est pas un saint, il faut le comprendre ,disait-elle
Elle mit au monde son fils en 1941
3ans plus tard, à Londres, qu'elle a rejoint parce qu'elle était recherchée par la Gestapo, elle accouche de sa fille Catherine.
Elle fait passer un message à la BBC : Boubou a eu une petite soeur Catherine. Tous ses camaradades connaissaient le surnom de son 1er enfant, grâce à ce message ils savaient où elle se trouvait
Arrêté son mari Raymond (prendra le nom d'Aubrac)est fait prisonnier en juin 1940. il s'évada de l'hôpital en Août 1940; Un bleu de travail et une casquette l'attendaient dès qu'il sautât du mur .
Arrêté de nouveau à Lyon par la police française en Mars 1943. c'est à partir de là qu'il est surnommé tantôt Balmont, tantôt Aubrac. Il est libéré en raison d'une "tuberculose"
Dès le 24 mai 1943 , munis de vêtements civils et allemands, Lucie et son mari organisent l'évasion de 3 camarades résistants
Inlassable témoin de la Résistance, après en avoir été l'une des héroïnes( un mot qu'elle rejetait) elle a médusé des milliers d'écoliers , collégiens et lycéens, elle si fragile pourtant incomparable figure de tenacité et de courage . Ses yeux atteints , elle ne voyait plus que des ombres mais se refusait à en faire un handicap. Il y avait toujours une main secourable pour la guider dans ses longs périples à travers la France .
En 1996,Claude Berri a dit d'elle que c'était une femme exceptionnelle. il a voulu faire un film avec comme résistante Juliette Binoche. Mais à la suite d'un désaccord entre l'actrice et le réalisateur. C'est finalement Carole bouquet qui avait joué le rôle, tandis que Daniel Auteuil incarnait son mari .
Madame Lucie Aubrac a bien aimé son film . Mais elle ne voulait pas qu'on utilise le titre"Lucie Aubrac". Elle voulait de l'argent , mais pas pour elle , pour la Résistance.En contrepartie de ce titre , le cinéaste-producteur avait ainsi versé de l'argent aux associations d'Anciens combattants.
Anecdocte:Lors de la décoration de la médaille de la légion d'honneur par M. Jacques Chirac, elle n'a pas réussi à dire "Monsieur le Président"
"La vie , les actions de Lucie aubrac doivent être connues et données en exemples aux enfants et aux jeunes de notre pays" a écrit le secours populaire qui pleure une amie fidèle, une grande Dame de France
AUREVOIR, Madame Lucie Bernard épouse Samuel , nom de résistant Aubrac
J'espère que les gens se souviendront longtemps de vos actions pour avoir refusé ce qui n'était pas juste .
18:35 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
22/01/2007
Une grande disparition
Un grand homme vient de disparaître:l'Abbé Pierre
Il était venu à Montbéliard en juin 2005. Il était encore en bonne forme . Il a rendu visite aux compagnons d'Emmaüs de la ville . Tout le monde en garde un excellent souvenir
Cet homme avait une grande humilité . Il a oeuvré toute sa vie pour les petites gens , sans boulot , sans toit .Il vivait si simplement , refusant même l'héritage de sa famille . Sa silhouette ne changeait pas beaucoup et sa petite voix . Je l'adorais .
C'est à tout fait normal qu'il soit la personnalité préférée des Français . Il ne faisait pas grand bruit mais agissait pour aider les gens . Il demandait des rendez-vous même au niveau gouvernement . Il ne remuait pas les médias : télévision et radio . Il fallait l'inviter . Parfois, quand toutes les choses de la vie n'allaient plus , on l'entendait crier sa colère ,à juste titre . C'est une grande perte pour tout le monde
Comme il disait :" La mort n'est pas une fin , mais le début d'un voyage vers la lumière "
Un article suivant l'AP
L'abbé Pierre: une vie de combats
AP | 22.01.2007 | 07:24
Né Henri Grouès le 5 août 1912 à Lyon, cinquième d'une famille bourgeoise de huit enfants, il entre chez les capucins à 19 ans après avoir distribué ce qu'il possède à des oeuvres de charité. Ordonné prêtre en août 1938, il quitte le clergé régulier pour le clergé séculier et devient vicaire à Grenoble l'année suivante
L'abbé Pierre est mort lundi matin à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris où il avait été admis le 14 janvier dernier pour une infection pulmonaire. Il était âgé de 94 ans.
Une vie de combats en faveur des démunis en ont fait l'une des figures les plus appréciées des Français. L'abbé Pierre, dont l'appel de l'hiver 1954 avait déclenché "l'insurrection de la bonté", n'a jamais cessé de s'attaquer au mal-logement et à la "maladie de l'indifférence".
Toute sa vie, il a lutté. D'abord contre l'occupant nazi, puis contre la misère et les injustices.
Mobilisé comme sous-officier dans les Alpes et en Alsace, il est atteint de pleurésie. Au moment de la défaite contre les Nazis en mai 1940, il est à l'hôpital.
De retour dans l'Isère, il rejoint la Résistance au cours de l'été 1942, crée des maquis qui deviendront une partie de "l'armée du Vercors" et fait passer des évadés et des Juifs en Suisse. C'est là qu'il prend son nom de guerre, abbé Pierre. Il diffuse aussi des journaux de la presse clandestine. Arrêté en mai 1944 par l'armée allemande, il s'évade, passe en Espagne et rallie Alger en juin, où il rencontrera le général de Gaulle.
Il se lance par la suite dans la politique sous les couleurs du MRP (Mouvement républicain populaire, démocrate-chrétien), qu'il quittera ultérieurement. Il est député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951.
En 1949, il accueille dans la maison délabrée qu'il restaure à Neuilly-Plaisance, dans la banlieue est de Paris, un homme désespéré, Georges. Le lieu devient une auberge de jeunesse internationale baptisée "Emmaüs". Commence le combat contre l'exclusion.
Les premières communautés de Chiffoniers Bâtisseurs d'Emmaüs naissent sur le principe "donne-moi ton aide, pour aider les autres". Elles regroupent des déshérités qui se mettent, par leur travail de récupération, au service de plus déshérités. "Emmaüs est devenu une récupération d'hommes à l'occasion de récupération de choses", définit l'abbé Pierre.
Les communautés essaiment rapidement. On en compte aujourd'hui 161 en France, 421 groupes répartis dans 41 pays sur quatre continents (Europe, Amérique, Afrique, Asie).
Hiver 1954. Une fillette meurt de froid dans un bidonville de Neuilly-Plaisance. L'abbé Pierre invite aux obsèques le ministre du Logement de l'époque, qui s'y rend. Aux premières heures du 1er février, une sexagénaire expulsée de son appartement décède d'hypothermie sur le trottoir du boulevard Sébastopol à Paris. Très vite, le religieux lance son célèbre appel. "Mes amis, au secours", supplie-t-il sur Radio Luxembourg, déclenchant une vague de solidarité extraordinaire.
Des gens de toutes les conditions sociales donnent argent, couvertures et nourriture pour permettre à l'abbé Pierre et à ses compagnons d'Emmaüs de mettre en place des hébergements d'urgence. Dans la foulée, le Parlement adopte à l'unanimité dix milliards de francs de crédits pour réaliser immédiatement 12.000 logements d'urgence à travers toute la France pour les plus défavorisés.
Des épisodes narrés dans le film "Hiver 54", sorti en France en 1989.
Malgré une santé fragile, l'abbé Pierre
multiplie les voyages -il échappe à un naufrage en 1963 dans le Rio de La Plata en Uruguay- et se fait partout la "voix des sans-voix".
Pour les "nouveaux pauvres" du début des années 80, Emmaüs organise des distributions de soupes de nuit et met sur pied en 1984, avec le Secours catholique et l'Armée du Salut, la Banque alimentaire. En cette période de chômage croissant, l'action en faveur des sans-logis de renforce. La Fondation Abbé Pierre est créée en 1988 pour le logement des défavorisés.
En 1989, année du bicentenaire de la Révolution française, l'abbé Pierre propose de changer les paroles de La Marseillaise, afin que l'on "n'évoque la guerre que contre les cinq misères des sans-pain, sans-toit, sans-travail, sans-école et sans-soins".
Dans les années 1990, il milite pour les droits des immigrés -régularisation des sans-papiers et logement. Lors de la Pentecôte de 1991, il jeûne aux côtés des "déboutés du droit d'asile" à l'église Saint-Joseph à Paris. L'été suivant, toujours dans la capitale, il soutient des familles de squatters du quai de la Gare.
Au printemps 1996, l'abbé Pierre fait scandale en apportant son appui à son ami Roger Garaudy qui publie un ouvrage négationniste, "Les mythes fondateurs de la politique israélienne".
Mais les Français retiennent surtout les engagements généreux du prêtre catholique. A 17 reprises, de 1988 à 2003, il figure en tête du palmarès Ifop-"Journal du dimanche" des 50 "Français préférés des Français". Si bien qu'il a demandé à ce que son nom ne soit plus proposé aux personnes interrogées pour "laisser la place aux jeunes".
Le 1er février 2004, il participe sur l'esplanade du Trocadéro à Paris, aux 50 ans de l'appel de l'hiver 1954. Le même jour, en marge de cette cérémonie officielle, il n'hésite pas à se rendre auprès de familles emmenées par l'association Droit au logement et qui ont planté des tentes à quelques centaines de mètres du ministère du Logement, sur l'Esplanade des Invalides.
Mais "depuis plusieurs mois, il n'accepte plus de sollicitations publiques", en raison de sa fatigue, selon son entourage. Ainsi, il n'a pas fait entendre sa voix durant le mouvement des Enfants de Don Quichotte "mais s'en inquiétait, et a voulu être tenu au courant de l'évolution de la situation", a expliqué à l'Associated Press le directeur général de la Fondation abbé Pierre Patrick Doutreligne.
L'abbé Pierre a été fait officier de la Légion d'honneur en 1981, au titre des droits de l'Homme, puis commandeur en 1987 pour son action dans le domaine du logement. En 2001, il s'est vu remettre les insignes de grand officier de la Légion d'honneur.
Lors d'un récent repos en Suisse, il confiait souhaiter que sur sa tombe soit gravée l'inscription: "Il a essayé d'aimer".
Ses citations
«Que ceux qui ont faim aient du pain ! Que ceux qui ont du pain aient faim de justice et d’amour !»
[ Abbé Pierre ]
«Le péché c'est vouloir ne plus dépendre de Dieu, affirmer que notre destinée se réalise par nos seuls efforts, sans l'aide divine. C'est prétendre discerner seul ce qui est bien de ce qui est mal, et que l'on peut accéder au salut par soi-même.»
[ Abbé Pierre ]
«Dieu n'est pas le Tout-puissant dominateur, c'est le Tout-puissant captif, captif des libertés qu'il crée à la cime du monde pour que le monde puisse culminer dans l'amour.»
[ Abbé Pierre ] - Miettes de vie
Quel bel homme dans toute sa splendeur. Beaucoup de personnalités connues devraient prendre son exemple . Ce n'est pas le bruit ou les querelles de clochers qui mènent à des choses utiles mais les vrais actions .
09:35 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
19/01/2007
Un grand Homme
Je vais vous parler d'un homme Monsieur Edgard Faure qui n'est pas de ma région mais qui a été élu en Novembre 1946 Député du Jura. Il est originaire de Béziers. Il a eu cette phrase magnifique :"je suis Franc-Comtois de naissance depuis tout à l'heure"
Ce n'est pas par politique que je mets cet article mais je l'ai toujours adoré avec ses prises de becs ou ses discours au perchoir d'Assemblée Nationale et sa personnalité .
Edgard Faure était né
Elu voici 60 ans député du Jura, il s'occupa de la Franche Comté jusqu'à sa mort en 1988.,sans jamais cesser d'investir la scène nationale .
J P Chevénement disait d'E. Faure:" C'était un homme merveilleusement intelligent, attachant, plein de charme et politiquement capable de s'élever au niveau de l'intérêt général".
M. Faure parvenait à transcender certaines oppositions brutales et stériles . Il y avait toujours de la place pour le débat politique (...) Et ce débat était plus civilisé parce que cette personne était plus intelligente. L'homme politique, qui fut 15 fois ministre, 2 fois président du Conseil Général , président de l'Assemblée Nationale des régions d'Europe, député, sénateur et maire .
Sa vie :
Il était avocat et juriste et devint procureur adjoint au tribunal de Nuremberg, agrégé de droit romain, professeur à l'université de Dijon,titulaire d'une chaire à Besançon. l'écrivain , capable de rédiger à la fois des essais pointus sur " La banqueroute de Law" ou "La Disgrâce de Turbot", et de publier sous le nom d'Egard Sabday d'amusants petits romans policiers. Ce fut aussi un compositeur et pianiste.
Un surdoué à la mémoire encyclopédique et à " la culture universelle" disent ses proches . On lui doit " la solution marocaine" et la loi d'orientation universitaire qui ramena le calme en 1969, lorsque le Président de l'Epoque le général De Gaulle lui confia l'Education nationale.
Conclusion d'une carrière politique parfois déroutante .
"Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent ", avait coutume de dire E. Faure. Il disait comme le Cardinal Retz :"Il faut changer souvent de parti pour ne pas changer d'idées ".
Avec malice il ajoutait à l'intention des Franc-Comtois en agitant sa célèbre pipe d'origine de Saint-Claude( Jura):" Votre région a 2 atouts, son altitude et moi-même".
Séducteur impénitent, E. Faure multiplia les conquêtes . Son seul cheveu sur la langue et ce zézaiement faisaient tout son charme. Conscient du pouvoir des mots, attentionné, Don Juan il eut 2 épouses Lucie et Marie Jeanne et des cohortes d'admiratrices.Il était de la race de ces hommes qui aiment les femmes pour les aider à se développer et non pour se mirer lui-même dans leurs yeux admiratifs .
Certaines de ses amies vinrent à ses obsèques le 2 Avril 1988.
La Franche Comté fut orpheline ce jour du 30 Mars 1988.
Quelques mots préférés d'Edgard Faure ...
- Rien d'important n'arrive aux autres
-Toute brouille est un échec
-L'immobilisme est en marche
-L'appât du gain rend intelligent
-La vérité est dans l'erreur .
10:40 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09/01/2007
Les débuts de Cabu
Après Paris, le dessinateur expose dans sa ville natale, Châlons-en-Champagne, où sont nés ses personnages. 60 ans de dessins.
Au mur, épinglées, toutes les "Une" surgies des crayons de l'équipe de "Charlie Hebdo"
L'une d'elles sera choisie pour l'édition du lendemain. On est lundi, à l'heure du bouclage de l'hebdomadaire, Cabu a planché, comme les autres sur une longue table en fer à cheval dans une forme de convivialité, sous pression, qui voit chacun tirer le meilleur ou le pire parti de l'actualité . A 68 ans, le père du " Grand Duduche" ne songe pas une minute à prendre sa retraite . Sous le casque de cheveux, il porte toujours le même regard amusé, tendrement féroce sur la vie et les hommes
"Dessiner, c'est un plaisir d'enfant" dit-il.
A 12 ans, il rafle un prix au concours de "coeurs vaillants";
A 15 ans, il expose ses dessins chez le père Gilbert, son coiffeur. En échange, il lui coupait les cheveux.
A 16ans, il publie ses premières illustrations dans " l'union de Reims"
A 18 ans, il vient à Paris et fait ses débuts avec peur .Il rencontre Fred(Philémon) qui le présente à Cavanna, à l'époque dessinateur sous le nom de Sépia.
A la suite de la guerre d'Algérie où Cabu est mobilisé pendant 27 mois,il arrive en 1962 à "Pilote" qu'a fondé René Goscinny
Sa popularité explose quand il rejoint l'émisssion de télévision pour enfants Récré A2 avec Dorothée.
Avec pour sujet le nez de l'animatrice, il fait un BD et un best-seller. de cette période, il garde aussi le souvenir de ses passages chez Polac et à Télématin. Chaque mardi, c'est au "Canard enchainé" que Cabu passe sa journée et y déploie ses talents de caricaturiste.
En voici quelques -unes :
N. Hulot
Cabu, homme de gauche, est un écologiste de coeur. il soutient B Delanoë pour un Paris sans voiture . D'ailleurs il se déplace qu'en transports communs
J. Lang
Il a refusé toute breloque.Pourtant J. Lang voulait lui accrocher les palmes accadémiques
Mitterrand
Si Cabu n'a jamais rencontré J.Chirac, il a eu l'occasion d'être dans une réception à l'Elysée . Mitterrand lui aurait glissé, sans préciser davantage: " je vous lis tous les mercredis".
Ségolène
On lui reproche de la faire trop jolie. "Dans une caricature, on peut exagèrer dans un sens ou dans l'autre" s'amuse-t-il.
Consécration : l'hôtel de ville de Paris lui consacre une grande exposition, la première de son oeuvre jusqu'au 27 Janvier 2007.L'entrée est libre et gratuite
A Chalons-en-Champagne, ce sont 60 ans de dessins que la ville met en scène, des premiers traits aux derniers coups de crayons et se trouvent à la Bibliothèque G. Pompidou de Chalons jusqu'au 24 Février 2007
11:10 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
28/10/2006
Casimir
Les 2 papas de Casimir se déchirent
L'un a créé le nom du personnage, définition langage, l'autre a imaginé sa physionomie de gros dinosaure orange. Entre les 2 papas de Casimir, héros de "l'île aux enfants ", le torchon brûle.
Ils viennent de s'affronter devant la justice. Christophe Izard
Quelle histoire de sous ! Nous avions la bonne image d'un dinosaure pacifique...
11:15 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14/10/2006
Très rare!!
Prix noble de père en fils
En 1959, il était allé à Stocklom pour voir son père,
Arthur Kornberg, recevoir le Nobel de médecine por ses travaux sur l'ADN
57 ans plus tard, l'américain Roger Kornberg a remporté à son tour au début octobre un prix nobel.
Ses travaux en génétique( aussi)... lui ont valu une récompense suprême, dans la catégorie chimie. Ses découvertes portent sur la transcription des gènes.
11:15 Publié dans personnages | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note














